|
L’Espagne subit une
véritable descente aux enfers et est devenue la championne d’Europe du chômage
avec un taux de 13,9% et sans doute 18,7% en 2010. L’Allemagne, première
puissance exportatrice mondiale pourrait connaître en 2009 sa pire contraction
depuis 1945, en raison de la chute de ses exportations, principal moteur de
l’économie. Les investissements en équipement, qui avaient progressé de 8,3% en
2008, baisseraient de 11,9% en 2009. L’Irlande qui était jusqu’à hier le paradis
de la croissance va voir sa dette passer de 25% du PIB à 54,8% et son taux de
chômage qui était quasiment nul, s’envoler à plus de 10% de la population
active. Autant d’occasions, non de se réjouir du malheur des autres, mais de
prendre conscience des formidables atouts de la France. Des atouts qui, s’ils
étaient mieux perçus et surtout mieux valorisés, devraient permettre
aux descendants des Gaulois de crier,
eux aussi : « Yes, we can »
1
) Des enfants par milliers
« Il n’est de richesse que d’hommes ». Cette maxime
formulée il y a plus de quatre siècles par le philosophe et magistrat français
Jean Bodin n’a jamais été autant d’actualité.
Avec un taux de fécondité qui dépasse désormais deux enfants par femme et
des naissances qui se sont élevées en 2008 à 834 000, la France compte désormais
un peu plus de 64 millions d’habitants, le chiffre que l’on prévoyait pour elle
en 2015. Surtout, avec un solde naturel des naissances sur les décès de 290 000,
elle représente, à elle seule près de 65% de la croissance naturelle de la
population européenne. En 2008, en effet, les 27 pays de l’Union européenne ont
enregistré 448 000 naissances de plus que de décès. Sur ces 448 000 nouveaux
petits Européens, 290 000 étaient Français ! Ainsi,
dans une vingtaine d’années, la France sera le pays le plus peuplé d’Europe
entouré de nations vieillissantes et moins dynamiques
Une véritable conquête
pacifique de l’hégémonie qui devrait renforcer à terme notre influence ,
sécuriser l’industrie du bâtiment qui devra construire plus de 500 000 logements
par an pendant 15 ans, rendre
un peu moins fragile le système de
retraite par répartition , alimenter le
vivier des créateurs d’ entreprises dont l’âge moyen est de 35 à 44 ans et
assurer la croissance du marché intérieur qui, en dépit de la mondialisation,
reste le principal moteur de la croissance. Ainsi,
avec un chiffre d’affaires de 368,8 milliards d’euros, le chiffre d’affaires du
commerce de détail en France devance celui de l’Allemagne ( pourtant plus
peuplée) qui n’est que de 348,2 milliards d’euros. Seul, pour l’instant – avant
la crise- , le Royaume-Uni devance la France avec un chiffre d’affaires de 388,7
milliards.
Retour en haut
2 )
Un pays « béni des dieux »
Dès l’Antiquité, l’attention des géographes avait été
attirée par la forme particulière du territoire ( pas encore français) qui,
engagé dans le continent européen mais situé à une sorte de goulet
d’étranglement, se trouvait au point de jonction des deux systèmes maritimes du
Nord et du Sud. Strabon, qui vivait à l’époque du Christ, admirait dans ce pays
dont il vantait « la correspondance qui s’y montre sous le rapport des
fleuves et de la mer, de la mer intérieure et de l’Océan » ce qu’il appelait une
« prévision intelligente », un véritable cadeau des dieux.
Cette position centrale fait que la France possède le seul
lien terrestre avec le Royaume-Uni et aussi avec l’Espagne. Cette position
géographique est un avantage considérable quand il s’agit pour des entreprises
étrangères de choisir un site d’implantation. Ce
fut par exemple le cas lors du choix d’implantation d’un Disneyland en Europe.
Avec plus de 1200 sites possibles, puis une sélection limitée à quatre, deux en
France et deux en Espagne, le choix s’est finalement porté sur Marne-la-Vallée.
Une implantation qui a depuis 1992 attiré plus de 200 millions de visiteurs et
permis l’ouverture à Val d’Europe du plus grand centre commercial d’Europe.
Dans le domaine d’avenir de la logistique qui représente
désormais 8% du PIB européen, la France a vocation à occuper une place majeure.
Ainsi, un rapport du cabinet d’audit McKinsey cite la France comme étant
le pays d’Europe présentant le meilleur rapport qualité/prix pour y développer
des activités commerciales. C’est Takao Amase, président de Bridgestone/Firestone
Europe qui déclare : « Grâce à sa situation géographique, aux connexions à
un réseau routier bien développé et au réseau TVG avec accès au tunnel, la
France est située de façon idéale pour satisfaire le
niveau de service requis par notre clientèle. Ces facteurs et la qualité
de la main d’œuvre ont constitué d’importants critères dans notre décision de
doubler notre infrastructure d’entreposage en France. »
Ainsi , l’industrie de la manutention en France regroupe
plus de 320 entreprises, employant plus de 24 000 personnes et réalisant 38% de
son chiffre d’affaires à l’exportation.
Et que dire de notre espace maritime qui, avec plus de 11
millions de kilomètres carrés, est la deuxième superficie maritime du monde et
la seule à couvrir les trois grands océans. Une atout considérable quand on
saura mieux exploiter les potentiels qu’il recèle.
Retour en haut
3)
Des réseaux de transport
modernes
Cette vocation géographique s’est doublée d’un réseau de
transports qui explique aussi que La France soit devenue une terre d’accueil
privilégiée .
Avec près de 60 millions de passagers en 2007, l’aéroport
Charles-de-Gaulle est désormais le 6ème aéroport du monde derrière
Atlanta, Chicago, Londres, Tokyo et Los Angeles et le 6ème également,
mais le premier européen, pour le fret, derrière Memphis, Hong-Kong, Anchorage,
Shangaï et Incheon.
Avec 950 000 kilomètres de routes, le troisième au niveau
mondial pour le nombre de kilomètres par habitant, derrière les Etats-Unis et le
Japon, la France dispose surtout d’un des réseaux routiers les moins encombrés (
30 véhicules par km de routes contre 44 en moyenne dans l’Union européenne et 65
en Allemagne).
Sur le plan ferroviaire, le trafic à grande vitesse
représente à lui seul la moitié du trafic européen et fait de l’industrie
ferroviaire française un leader mondial avec Alstom qui devance Bombardier et
Siemens. Autant de performances liées à l’excellence des entreprises de travaux
publics françaises qui occupent les trois premières places mondiales avec
Bouygues, Vinci et Eiffage. Une vocation largement ignorée de l’opinion publique
qui s’inscrit dans une tradition historique
et qui, du pont de Normandie au viaduc de Millau, du tunnel sous la
Manche aux chantiers titanesques de l’Amérique du Sud, de l’université de Riyad
à l’oléoduc de la Cordillière des Andes, assure la réputation de l’ingéniérie
française . Une tradition qui devrait assurer à la France une place de premier
ordre dans les grands chantiers du XXIe siècle que seront la rénovation des
villes et la mise au point de technologies compatibles avec le développement
durable.
Retour en haut
4)
Une plus grande indépendance énergétique
La France possède également quatre grands groupes parmi les
leaders mondiaux dans le domaine de l’énergie, Total, Areva, EDF et GDF-Suez.
Grâce à son parc de réacteurs, elle atteint un taux d’indépendance énergétique
supérieur à 50%, inférieur, certes, à celui des Etats-Unis ( 71,3%° mais
supérieur à celui de l’Allemagne ( 39,2%), de l’Espagne ( 21,7%) , du Japon (
19,2%) ou de l’Italie ( 14,9). A cet
égard, le fait que la Suède ait annoncé le jeudi 5 février qu’elle levait son
moratoire sur la construction de nouvelles centrales
nucléaires démontre à quel point le choix nucléaire de la France était un
pari adapté au monde de demain.
N’émettant pas de gaz à effet de serre dans un contexte de
lutte contre le réchauffement climatique, produisant des déchets, certes
dangereux mais dont déjà 90% disposent d’un mode de gestion fiable et sécurisé,
bénéficiant de réserves importantes et non soumises aux aléas géopolitiques (
250 années de consommation en réserve avec les systèmes utilisés actuellement et
plusieurs milliers avec les réacteurs de quatrième génération), le nucléaire
permet enfin d’éviter chaque année l’émission de 700 millions de tonnes de CO2,
émissions égales à celles que produiraient 200 millions de voitures.
En outre, le coût du nucléaire est stable, car peu
dépendant des cours de l’uranium alors que le coût du kWh d’origine gazière est
fortement lié au prix du gaz dont l’augmentation, à terme, est inévitable, en
raison de la forte croissance attendue de la demande mondiale.
Sans compter que la France
dispose en outre du deuxième parc d’énergie hydroélectrique en Europe, après la
Norvège , du deuxième potentiel de vent après le Royaume-Uni , de gisements
prometteurs dans la biomasse et qu’elle a obtenu l’implantation sur son
territoire d’ITER ( réacteur nucléaire à fusion) sur le site de Cadarache, avec
6 000 emplois directs et indirects. Ainsi,
en France, le prix de
l’électricité à usage industriel s’élève
à 70,1 euros TTC le MWh contre 101,7 euros en moyenne dans l’Union
européenne et celui de l’électricité à usage domestique à 121,1 euros le MWh
contre 152,8 euros en moyenne dans l’Union européenne .
Retour en haut
5)
un pays attractif
Alors que les Français conjuguent trop souvent
mondialisation , délocalisations et chômage, la France est devenue depuis le
début des années 1990 l’un des principaux destinataires des investissements
directs étrangers. Aujourd’hui, elle est devenue la troisième destination du
monde , dépassée uniquement par les Etats-Unis et le Royaume-Uni . Paris est
aussi devenue la troisième métropole en termes d’image au monde, restant , pour
les hommes d’affaires étrangers, la mieux armée pour faire face à la crise.
Ainsi, les 18 000 filiales des sociétés étrangères
actives en France emploient désormais 2 millions de personnes, le double
d’il y a dix ans. Désormais, dans le
secteur privé , un employé sur sept travaille pour une société étrangère, plus
qu’en Allemagne, qu’au Royaume-Uni , qu’aux Pays-Bas ou qu’aux Etats-Unis.
Paradoxal pour un pays hostile à la mondialisation et toujours tenté par le
protectionnisme. A noter surtout que les emplois créés par les entreprises qui
s’installent en France ( 40 000 en 2006) sont largement plus importants que ceux
perdus par les entreprises françaises qui délocalisent et qu’on peut chiffrer à
un peu plus de 13 500 emplois industriels par an, soit 0,35% des emplois
détruits depuis l995. A noter encore que
45% des exportations françaises de biens sont en fait des exportations
d’entreprises étrangères installées en France, ce qui rend problématique la
notion de balance commerciale de la France.
Car, dans le même temps, les entreprises françaises ont
largement réussi leurs implantations à l’étranger. En 1990, le stock
d’investissements sortants de la France était d’un quart inférieur à celui de
l’Allemagne. En 2006, il lui était supérieur de 7,5% en 2006, faisant de la
France le 2ème investisseur à l’étranger du monde. Là encore, la
mondialisation a été largement positive, permettant aux entreprises françaises
de télécommunications, d’énergie, d’alimentation ou d’environnement ( Veolia et
Saur) d’améliorer leurs performances. Ainsi, on peut estimer à 13-14 milliards
d’euros le chiffre d’affaires des entreprises françaises implantées en Chine,
soit le double de nos exportations de biens et de services vers la Chine. Un
chiffre en phase avec le fait qu’en 2004, les implantations d’entreprises à
l’étranger ont réalisé un chiffre d’affaires supérieur à 520 milliards d’euros
alors que les exportations françaises ne représentaient que
340 milliards d’euros. On mesure à ces chiffres la faible signification
de la balance commerciale et le formidable potentiel des entreprises françaises
sur des marchés dont la croissance est très forte.
Retour en haut
6) le pain et le vin
Au XIIIème siècle, confronté à la puissance industrielle
naissante de son voisin Henri II d’Angleterre, le roi de France Louis VII aurait
dit : « Nous , nous n’avons que du pain, du vin et de la joie… » Hors la
joie qui a quitté une majorité de Français, il nous reste le pain et le vin.
Curieusement absent de la plupart des rapports sur la mondialisation et, bien
évidemment, des plans de relance du gouvernement, l’agriculture et l’industrie
agro-alimentaire française sont pourtant les plus performantes du monde. Alors
que la Terre va sur ses neuf
milliards d’habitants à l’horizon 2050 et que la demande de nourriture
va croître, la situation climatique et pédologique exceptionnelle du
territoire français , en particulier celle du bassin
parisien – une des plus grandes plaines à blé du monde-, une capacité
remarquable pour la production de viandes, de lait et de fromages, de fruits et
de légumes et surtout de vin font de la France la deuxième ou troisième
puissance agricole mondiale. En 2008, le
solde commercial a été positif de 9 milliards d’euros alors que le solde
commercial de l’industrie automobile a été déficitaire de 3,4 milliards d’euros.
A elles seules, les exportations de vins qui représentaient plus de 30% des
exportations mondiales il y a 15 ans contre à peine plus de 17% aujourd’hui
assurent toutefois, chaque année, l’équivalent
des ventes de 147 Airbus A 320 ou de 273 TGV. Autant dire qu’elles mériteraient
autant sinon plus d’attention et de soutien
que l’industrie automobile.....Considérée
par la plupart des experts comme une activité du passé, l’agriculture est un
fait un secteur de haute technologie animée de plus en plus par de jeunes
managers agricoles que complète une petite agriculture à vocation écologique et
territoriale.
Retour en haut
7)
France, terre de luxe
En moins de vingt ans, grâce à la mondialisation qui
effraie tant une majorité de Français, quelques 400 millions de Chinois,
d’Indiens, de Brésiliens et d’autres sont sortis de la pauvreté. Autant de
nouveaux clients pour les produits de luxe français. Dans un classement réalisé
pour la première fois par Interbrand, une entreprise spécialisée dans la
création et la gestion des marques, Louis
Vuitton – le vaisseau amiral du groupe LVMH- s’impose de loin comme la première
marque mondiale du luxe. Mais , ensemble, cinq marques françaises représentent
53% de la valeur totale des quinze premières griffes mondiales contre 28% pour
les six marques italiennes. Derrière Vuitton, les premières places du palmarès
sont tenues par Gucci ( groupe PPR) , Chanel et l’horloger suisse Rolex. Le
groupe familial Hermès s’installe , lui, à la cinquième marche du podium.
Même si le luxe n’échappera pas à la crise, les réserves de
croissance que constitue la clientèle des pays émergents font de l’industrie du
luxe française, qui emploie plus de 80 000 personnes, un atout de premier ordre
pour l’avenir. En Chine, on estime que les « high net worth individuals »
( les individus à fort potentiel économique) s’élèvent à 415 000, soit plus que
la Russie, l’Inde et le Brésil réunis. Ce pays, dans lequel Vuitton vient
d’ouvrir son vingt-septième magasin pourrait ainsi devenir pour les marques
françaises un nouveau Japon. Un signe ? Depuis un an, l’action Hermès a
progressé de 16% alors que l’indice CAC 40 a reculé de 35% sur la même période.
Les ventes de ses mythiques sacs Kelly et Birkin, proposés à partir de 4 300
euros pièce, ont progressé de 14% au dernier trimestre 2008, en dépit des
turbulences de la crise financière.
En 1972, lors d’une conférence de presse télévisée, Georges
Pompidou s’était écrié : « Chère vieille France, la bonne cuisine, la
haute couture et les bonnes exportations du cognac, du champagne et même du
Bordeaux ou du Bourgogne, c’est terminé. La France a commencé et largement
entamé une révolution industrielle. » C’était, à l’époque où l’on inaugurait
Fos-sur-Mer, ravaler l’industrie du luxe au rang d’antiquité aimable et en faire
le symbole de la frivolité française.
Une vision industrialiste qui gangrène encore les esprits de ceux qui
nous gouvernent et les empêchent de prendre en compte les atouts «
naturels » d’un pays qui doit au luxe la force de sa « marque » dans le
monde. En 1851, à l’occasion de l’Exposition universelle de Londres,
l’économiste Adolphe Blanqui en avait pris la mesure en écrivant : « La
véritable prospérité de notre pays repose sur le développement progressif de ses
industries naturelles, c’est-à-dire de tous les arts sur lesquels l’habileté de
la main et la pureté du goût peuvent exercer leur influence ».
Retour en haut
8)
Destination France
C’est aussi l’attractivité de cette «
chère vieille France » qui explique le fait que la France détient la première
place mondiale dans l’industrie du tourisme avec près de 82 millions d’arrivées
de touristes internationaux, en croissance de 4% par an depuis 2005.
Contrairement à ce que croit notre président de la République, ce n’est
pas l’industrie automobile qui est le premier employeur de France mais le
tourisme qui assure un excédent dxe la balance des services de plus de 10
milliards d’euros , emploie près de 2 millions de salariés et pourrait en créer
entre 300 000 et 600 000 supplémentaires.
A condition toutefois de tout faire pour valoriser la «
marque » France et assurer à l’étranger la promotion d’une histoire , d’un
patrimoine , d’une gastronomie et d’une
variété de paysages exceptionnels. Avec 8,3 millions de visiteurs en
2006, le Louvre est le deuxième musée le plus visité au monde derrière
le National Air and Space Museum de Washington et devant le British
Museum. Le Centre Pompidou est le
musée d’art contemporain le plus fréquenté de la planète. La France possède sur
son territoire plus de 30 sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO,
contre 40 sites en Italie qui occupe la première place.
Dans les vingt prochaines années, on estime à 1 million le
nombre de Chinois qui se rendront en France, des touristes qui sont parmi les
plus dépensiers du monde.
Paris est aujourd’hui la première place mondiale pour l’organisation des foires,
congrès et salons internationaux ( 294 en 2006 avec plus de 50 000 emplois). Un
tourisme d’affaires hautement rémunérateur qui représente aujourd’hui 40% de
l’occupation hôtelière de la région Ile-de-France et entre 25 et 33% du chiffre
d’affaires global du secteur tourisme de la région.
A Cannes, les 500 000 congressistes
recensés chaque année pèsent en chiffre d’affaires plus que les deux millions de
touristes estivaux. La ville estime à 830 millions d’euros les recettes de cette
activité congrès ( 354 millions à Lyon et 157 à Bordeaux)
qui est susceptible de mobiliser 16 500
emplois dont 3 000 ne sont pas pourvus.
L’exemple récent de Marseille qui a favorisé le développement de flux
aériens supplémentaires est éloquent : 1,5 millions de voyageurs internationaux
nouveaux en une seule année seulement.
Autant d’atouts pour la France qui ne figurent pas dans le
plan de relance.
Retour en haut
9)
La culture, une arme anti-crise
Lieux de réflexion ou d’évasion, les espaces de
culture ou de loisirs ne connaissent pas la crise. Mieux, dans la mesure où ces
périodes d’incertitude sont aussi des périodes de questionnement, les lieux
artistiques sont les endroits privilégiés pour y trouver des réponses
ou des refuges. Selon un sondage réalisé entre le 13
et le 22 octobre 2008, 42% des Français veulent consommer davantage de
biens culturels alors qu’ils dépensent déjà en moyenne 1 025 euros par en
sorties culturelles. Une bonne nouvelle pour une branche d’activité qui réalise
plus de 40 milliards d’euros de chiffre d’affaire et emploie plus de 470 000
personnes, soit un nombre équivalent à
celui du commerce de l’automobile. A l’Opéra de Paris, la fréquentation dépasse
les prévisions pourtant prévues à la hausse en 2008. A Versailles, Jeff Koons a
attiré 200 000 visiteurs en moins de deux mois. Au Grand Palais, l’exposition
Picasso ( 13,50 euros l’entrée) a reçu plus de 780 000 personnes. Disneyland
Paris ne désemplit pas.
Au cours de l’année 2008, les salles de cinéma en France
ont vendu 188,8 millions d’entrées, en hausse de 6,7% par rapport à 2007. En
cinq jours, du 4 au 9 février, en pleine « bulle dépressive », ils ont été
1 839 799 à fréquenter les salles obscures.
Mieux, le cinéma français qui est le seul en Europe à
conserver plus de 40% de son marché ( 45,7% en 2008 contre 28,5% en 2000),
s’est particulièrement bien exporté en
2008, avec près de 80 millions d’entrées contre 38 millions en 2000, les trois
principaux importateurs de films français étant l’Allemagne, l’Italie et le
Japon. Grâce à son patrimoine
inégalable, la France est aussi devenue très attractive pour les tournages,
démontrant que l’immatériel est aujourd’hui le facteur clé de succès des
économies développées. Alors qu’il y a encore une trentaine d’années, les succès
économiques reposaient essentiellement sur la richesse en matières premières ou
sur les performances des industries manufacturières, aujourd’hui la véritable
richesse est abstraite et repose sur la capacité à innover ( dans le tourisme
comme dans l’informatique) et à produire des idées. Autant dire que si la «
marque » France était mieux valorisée, en
particulier dans le domaine des industries culturelles, elle gagnerait les
points de croissance qui lui ont tant fait défaut ces vingt dernières années.
Louvre, Sorbonne, mont Saint-Michel, autant de « marques » connues du
monde entier et qui représentent des potentiels de revenus
insoupçonnables. Comment expliquer autrement le fait que c’est
aujourd’hui la France qui enregistre l’une des plus fortes augmentations
proportionnelles d’étudiants étrangers en Europe, en particulier chinois dont le
nombre a été multiplié par neuf dans les quatre dernières années. Pour
prendre la mesure de la valeur d’une «
marque –pays », il suffit de voir comment Barack Obama a su capter la force de
la marque « USA » pour redonner espoir à tous ceux qui s’interrogeaient
sur l’inéluctable déclin de l’empire américain.
Retour en haut
10)
Un capitalisme à deux têtes
Le classement des sociétés du CAC 40 dans le
monde a aussi de quoi surprendre les « déclinistes » français. Ainsi,
parmi les 500 premières entreprises mondiales, recensées par le magazine
Fortune, 39 sont françaises plaçant la France au second rang derrière les
Etats-Unis mais devant la Grande-Bretagne qui en classe 38 et l’Allemagne 32.
Parmi ces sociétés qui sont souvent devenues des boucs-émissaires aux malheurs
du temps, la France compte un nombre impressionnant de leaders
mondiaux comme Accor, Bouygues,
Carrefour, EDF, Gaz de France, L’Oréal, Lagardère groupe, Saint-Gobain, Veolia
environnement et de brillants seconds comme Lafarge, Pernod-Ricard , Suez et
Vinci. En 2008, selon les dernières
estimations, elles devraient réaliser plus de 80 milliards d’euros de bénéfices,
36 sur 40 restant dans le vert et 19 améliorant même leur performance par
rapport à 2007. Une nouvelle qui suscitera les aigreurs
de certains mais qui devrait, au contraire, rassurer sur la bonne forme de nos «
champions », plus à même de résister à la crise que leurs homologues étrangères.
Quelles ont les banques du monde qui résistent le mieux aux turbulences ?
Les banques françaises, évidemment. .
Surtout que, à la différence des pays où la finance a
imposé sa loi, la France reste un pays où le capitalisme familial reste
majoritaire. On peut ainsi estimer que 60% des valeurs cotées à la Bourse de
Paris sont détenues par des familles plus attachées à la pérennité de leur
entreprise qu’aux rendements à court terme. On en recense 39% dans
l’agro-alimentaire, 52% dans les biens de consommation, 41% dans la
distribution, 40% dans la haute technologie.
Lorsqu’on mesure le fait que ces entreprises embauchent plus que les
autres et privilégient les orientations stratégiques à long terme, nul besoin de
vouloir refonder le capitalisme. Ce capitalisme refondé, qui privilégie la
longévité sur la performance existe déjà en France et dans une proportion bien
plus forte qu’ailleurs.
Retour en haut
11)
Un pays de fourmis
Ce n’est pas
en France où l’excès d’endettement des ménages modestes aurait pu provoquer la
crise des subprimes qui s’est ensuite propagée dans le monde. Alors que la dette
des ménages américains est passée de 85% du PIB en 2000 à 116% en 2007, celle
des ménages français ne dépasse pas 50%. La vie à crédit de l’autre côte de
l’Atlantique. Un pays de fourmis de ce côté. C’est en France, en effet, que le
taux d’épargne des ménages est le plus élevé . De 15 à 16% en moyenne du revenu
alors qu’il est de 3% aux Etats-Unis, de 5% au Royaume-Uni , de 11% en Espagne
et de 10% en Allemagne. Ce qui, en
période de croissance, peut être interprété comme un manque de confiance dans
l’avenir, devient un formidable
amortisseur en période de crise. Un
amortisseur qui se double du fait que, hormis la Suède ( 12%), la France est
aussi le pays où le taux de pauvreté monétaire ( revenus inférieurs à 60% du
revenu médian) est le plus bas : 13% comme en Allemagne mais 19% en Italie et au
Royaume-Uni et 20% en Espagne … avant la crise.
Cet effort d’épargne continu depuis une trentaine d’années
a fait des Français l’un des peuples les plus riches du monde ! Avec un
patrimoine net par habitant égal à près de 144 000 euros ( le million de
nouveaux francs !), ils se placeraient derrière le Japon ( 205 000 euros) et
l’Irlande ( 148 000 euros) mais largement devant les Etats-Unis ( 128 000 euros)
et l’Allemagne ( 90 000 euros).
Ainsi, les Français détiennent en dépôts et comptes sur
livrets plus de 1 000 milliards d’euros que le gouvernement, malgré ses
promesses, aurait bien du mal à garantir. Placement fétiche, les sommes placées
en assurance-vie s’élèvent à 1 352 milliards d’euros, soit plus que la dette de
l’Etat !
On retrouve ici une loi que l’économiste David Ricardo
avait énoncée au début du XIXe siècle. Il avait alors démontré que les ménages
augmentent leur épargne quand ils prennent conscience de l’appauvrissement à
long terme que constitue l’augmentation de la dette publique.
Estimant fort sagement que les déficits
d’aujourd’hui sont les suppléments d’impôts de demain, ils constituent, en
fourmis, des encaisses en conséquence. C’est dire à quel point les appels
émouvants de certains à vouloir relancer la consommation se heurtent à ce bon
sens des ménages qui savent, eux, que tout plan de relance devrait d’abord
passer par la diminution de la dépense publique. Ce n’est pas pour rien que le
plus que centenaire Livret A est détenu par près de 50 millions de Français !
Retour en haut
12)
L’ édredon social
Enfin, les Français peuvent s’appuyer plus que d’autres sur
l’édredon protecteur d’un Etat qui emploie directement ou indirectement plus de
5 millions de fonctionnaires dont le nombre, trop élevé en période où il faut
lâcher les chevaux de la croissance, est un amortisseur de premier ordre quand
il faut réduire la voilure. Avec 31,1%
de dépenses totales de protection sociale en % du PIB, la France est de
loin le pays du monde qui protège le mieux les citoyens. Devant la Suède (
30,7%), la Belgique ( 30,1%), les Pays-Bas ( 29,3%), le Danemark ( 29,1%),
l’Allemagne ( 28,7%), l’Autriche ( 28,5%), l’Italie ( 26,9%) et le Royaume-Uni (
26,6%). Pour donner la mesure concrète du poids de ces pourcentages, il suffit
de rappeler que 4,5% de PIB en plus par rapport au Royaume-Uni, cela représente
très concrètement 85 milliards d’euros, soit plus de trois fois les sommes
consacrées au plan de relance. A elles seules, les pensions de retraites, qui ne
sont pas soumis aux caprices des marchés boursiers, représentent plus de 23% du
revenu des ménages déclarés à l’impôt.
Pour certaines régions, comme la Creuse, les Pyrénées-Atlantiques, la
Nièvre, le Lot et le Var, elles représentent même plus du tiers des revenus du
territoire, ce qui les abrite totalement des effets de la mondialisation et
amortit considérablement le choc, minime, des délocalisations.
Des sommes qui devraient être rappelée à l’occasion de
chaque mouvement social pour montrer qu’il n’est nul besoin de relancer la
consommation en France tant l’Etat-providence y pourvoit déjà largement plus
qu’ailleurs. Des sommes qui font
écrire dans
Newsweek ( 19 janvier)
à l’économiste allemand Holger
Schmieding, travaillant pour la Bank of America,
que la France est même « le dernier modèle debout ».
Le seul à ne pas avoir été mis à mal par le surendettement à
l’anglo-saxonne ou l’excès de rigueur du système rhénan.
Notre dette, qui faisait tâche, est aujourd’hui allègrement dépassée par
nos concurrents. Notre interventionnisme qui nous faisait nationaliser à la
moindre occasion les banques, les assurances ou l’industrie automobile fait
aujourd’hui des émules aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni.
Nos 35 heures qui faisaient si peu travailler les Français sont
aujourd’hui enviées par tous ceux qui voient enfler le nombre de leurs chômeurs
et pour lesquels « travailler peu pour gagner autant » est une ambition à
la mesure des circonstances.
En fait, la seule chose qui manque aujourd’hui aux
Français, c’est le moral et la confiance dans ses atouts.
Ce pays si hostile à la mondialisation
est en fait celui qui en a tiré les plus grands avantages. Ce pays si hostile
aux entreprises est aussi celui qui a su les propulser aux tout premiers rangs
du monde. Ce pays si méfiant à l’égard de tout plombier polonais, est aussi
celui dont les salariés travaillent le plus pour des firmes étrangères.
Faudra-t-il l’élection d’un métis en France à la fonction
suprême pour que les Français osent dire, un jour, comme les Américains : » Yes,
we can » ? L’affirmation d’une
nation qui, avec seulement 1% de la population mondiale, assure, à elle seule,
4,5% de la création de la richesse mondiale …
Il faut être heureux,
écrivait Sacha Guitry, car lorsqu’on se met à être heureux, l’existence
devient une chose tout à fait inouïe ».
Un conseil que devraient reprendre à leur compte tous les Français quand
ils parlent de leur pays et de leur condition !
Jacques Marseille
Retour en haut
|